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Rp Siam - Norman

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Messages : 348
Date d'inscription : 26/06/2012


MessageSujet: Rp Siam - Norman Mer 2 Aoû - 10:09

Norman courrait comme si une force invisible le poursuivait. Sa vitesse était telle qu'il lui était impossible de discerner le moindre élément autour de lui, et seuls ses réflexes ultra développés l'empêchaient de se prendre un arbre en pleine tête, ce qui aurait été en réalité plus dommageable pour l'arbre que pour lui. Il se dirigeait instinctivement vers le manoir même si en réalité, il n'avait pas spécialement envie de s'y rendre. A vrai dire, à l'instant précis, il n'avait envie de se rendre nulle part. Il voulait juste courir à en perdre haleine mais voilà que son souffle ne serait jamais court. Il serait capable de courir tout droit sans s'arrêter, mais il n'en avait pas le coeur. D'ailleurs, son organe était mort, aussi bien au sens propre que figuré. Pourtant, cela lui semblait tellement douloureux qu'il avait l'impression qu'il était bien vivant. Maudits souvenirs humains.

Tandis qu'il courrait comme un fou en direction du manoir, car il savait bien qu'il allait s'y arrêter de toute manière, il s'efforçait de ne pas penser. Penser, c'était souffrir, et il avait déjà assez mal comme ça. Tout avait été trop vite, son masque de froideur avait fondu en un rien de temps face au visage angélique et quelques minutes après, la faille s'était ouverte et elle en avait profité. Satané baiser!

TAIS TOI!

Il refusait de continuer à penser. Mais il avait beau tenter de bloquer son esprit, les souvenirs très récents revenaient en masse et s'amusaient à le torturer. Comme si ses lèvres, indépendantes de son corps, ne pouvaient s'empêcher de se remémorer les sensations mémorables qu'elles venaient de découvrir. Et qu'elles ne ressentiraient plus jamais. C'était pire que tout. Avoir les clefs du paradis quelques secondes jusqu'à ce qu'on vous les arrache des mains.

LA FERME!

Il serrait la mâchoire avec une force telle qu’il aurait pu se la briser, et répétait à son cerveau de se taire dans une triste litanie. La larme naissante au coin de son œil, il l’avait détruite d’une main tremblante de rage et de chagrin. Il avait envie de se soûler mais il savait que ça ne lui ferait pas oublier. Il n’était plus humain, mais pourtant il gardait tous les désavantages de la condition. Et la dernière fois qu’il avait pleuré était tellement douloureuse qu’il refusait de laisser à nouveau le barrage se briser. Lorsque Livia s’était enfuie, il avait résisté. Maintenant qu’elle était revenue, éphémère, pour mieux s’éloigner encore, il tiendrait le coup. Elle n’avait pas le droit, pas le droit de lui faire ça. Mais déjà c’était trop tard. Il avait pensé son prénom, et un hurlement terrible déchira la forêt. Le sien.

Une fois dans le manoir, Norman fila directement à sa chambre sans croiser le regard de quiconque. A cette heure, peu de Black Blood étaient présent, la plupart étant à la chasse, et le peu qui croisèrent son chemin virent passer une ombre, un Norman qui cachait sa meurtrissure derrière une apparence pressée. Il ferma la porte de son refuge, sa demeure, et s’effondra sur son lit. Il aurait tellement aimé boire à en perdre la raison, jusqu’au trou noir absolu. Tout ça n’aurait été qu’un cauchemar après son réveil avec une énorme gueule de bois. Mais voilà que de réveil, il n’y en aurait jamais pour cause de sommeil impossible. Jamais il n’avait autant haï sa condition vampirique. D’un regard mauvais qui masquait sa tristesse, il lorgna le mur couvert de pleines lunes qu’il avait photographiées, ce qui le renvoya à quelque chose. Qu’il lui fallait détruire. En deux minutes, il fut dans l’un des salons de l’imposante demeure, l’un de ceux qui étaient le moins fréquentés d’ailleurs. Il voulait être seul, seul avec cette fichue boîte en face de l’âtre.

Il songea tout d’abord à faire brûler le tout en une seule fois. Mais non, c’était trop facile. La délivrance aurait été grande certes, mais les remords ? Il décida de se fustiger lui-même et l’ouvrit à grand regret, attrapant au hasard un cliché. Dans cette boîte maudite, il n’y avait que deux personnes représentées. Deux qui formaient le trio infernal qu’ils avaient été autrefois. Norman avait déjà fait un grand tri à l’époque, supprimant toutes celles qui montraient le visage de son rival, son ennemi. Mais il n’avait pu se résoudre à abandonner celles qui la représentaient. Sauf que maintenant c’était différent. Norman savait la douleur qui l’attendait, mais il était prêt à l’affronter. Il le fallait s’il voulait se débarrasser d’elle, ces souvenirs l’engluaient. Sous sa colère froide, il n’avait qu’une envie, détruire ce qui les reliait encore.

Comme cette photo d’eux au pied la tour Eiffel. La partie droite était arrachée – devinez qui y était à l’origine. Norman se souvenait parfaitement de cette journée. Il avait annoncé que le soir même, il grimperait au sommet et se jetterait de le vide pour ressentir l’impact de la chute du haut de ce monstrueux monument. Livia avait grondé tant et si fort qu’il n’avait pas osé. En y repensant, elle l’avait empêché de faire bien des choses. Leurs deux visages souriants le répugnaient. Sans une hésitation, il brûla un coin de la photographie puis sortit une cigarette et l’alluma au brasier du papier qui s’enflammait doucement, déformant les corps et les sourires. Il tira un grand coup sur la dose de nicotine, puis jeta le débris dans les flammes avant d’en attraper une autre.

Le rituel dura longtemps. Il en était à sa cinquième cigarette et il prenait son temps, savourant avec masochisme chaque souvenir odieux qui ressurgissait dans sa mémoire, content pourtant de le voir s’effacer au milieu des flammes. Un mois passé en Suisse, en pleine montagne. Norman avait volé les skis d’un pauvre voyageur et avait fait du hors pistes comme un fou. Il avait déclenché une avalanche qui avait fait quelques morts. Livia avait été furieuse, Norman déçu d’avoir gâché de la nourriture. Tant pis. Un week-end en Egypte, et Norman qui, comme un imbécile, mettait le doigt dans le nez du Sphinx avec l’effet de perspective. Et derrière, la petite Livia à l’air renfrogné devant tant de stupidité. Il y avait plus de bonheur que de peine dans ces clichés, mais c’était ce qui les rendait dangereux. Bientôt, la boîte ne contint plus rien, plus qu’une photo simple d’eux allongés dans l’arbre, riant comme des imbéciles heureux. C’était la plus belle. La pire, elle allait rejoindre ses consœurs alors qu’il en était à sa sixième cigarette.

Il sentit alors une présence dans son dos. Et pas n’importe laquelle. C’était une présence tellement familière à l’époque qu’elle en avait été agréable. Norman n’aimait pas tellement fréquenter toujours les mêmes personnes, les seuls exceptions étaient Angus et… point final. Mais dans le temps, il y avait eu cette personne qui se tenait au seuil de la porte, intruse qui assistait au spectacle triste et étrange de Norman brûlant ces clichés. Intruse qui violait son moment d’intimité. Norman se renfrogna, non seulement parce qu’il ne voulait pas qu’on le voit comme ça, bien qu’en apparence il ait l’air d’aller bien. Mais surtout parce qu’il ne voulait pas qu’elle le voit comme ça.

Il jeta le dernier cliché au milieu des cendres des autres sans un regard en arrière, son cœur meurtri saignant un peu plus à cette vision, tandis qu’il restait silencieux. Des années durant, elle l’avait ignorée royalement, disant s’être lassée de lui, comme on est lassé d’un chiot qui a grandi et qui devient encombrant. Et voilà qu’elle se permettait d’apparaître au moment le moins approprié. Elle avait toujours été garce, il le savait. C’est pour ça qu’il prit l’initiative de briser le silence, avant qu’elle ne lance une phrase mauvaise.

- Que me vaut l’honneur d’avoir l’un de tes regards, Siam ? Tu t’ennuies, alors tu as envie de croquer dans cette chair que tu sais si bonne ? Dommage, on ne se mouche pas dans des kleenex usagés, tu devrais le savoir. A moins d'avoir une hygiène de vie déplorable.

Il ne la regardait pas, marque de mépris de la part de Norman. Elle ne méritait pas son attention. Ne la méritait plus. Et il n’était pas en état pour pareil affrontement.
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MessageSujet: Re: Rp Siam - Norman Mer 2 Aoû - 10:09

Allongée sur son lit, Siam écoutait le dernier album des Beattles, fredonnant les paroles, pendant que ses yeux parcouraient les interminables pages de "Le Songe d’une nuit d’été" de Shakespeare. Avec le temps, elle avait appris à apprécier les loisirs de la vie, tels que la lecture ou encore écouter des morceaux de classiques des plus grandiloquents, chose qu’elle ne faisait pas lorsqu’elle n’était qu’une adolescente qui volait sur les places du marchés. Au fil des ans, elle avait également appris à canaliser son énergie, à ne plus foncer tête baissée, être plus calme, plus réfléchi. Mais son impulsivité naturelle en faisait un véritable danger. Des pas précipités dans le couloir la renseignèrent que la quiétude qui l’habitait à ce moment même n’était pas partagé par tous, cependant elle n’y prêta pas attention, changea de position et reprit tranquillement sa lecture.

Une dizaine de pages plus loin, Siam énervée envoya valdinguer le livre contre le mur de sa chambre. «Stupide Hélène» pesta-t-elle, « Quelle idée de courir après des fantômes, Demetrius ne t’aime pas et il ne t’aimera jamais, il est bien trop envoûtée par Hermia,» murmura-t-elle pour elle-même. Étrangement, Siam ne comprenait pas sa propre réaction, elle s’emportait rarement lorsqu’elle lisait des histoires d’amours, ce qui était déjà rare en soi. Au contraire, elle se plaisait à critiquer ces misérables jeunes filles éperdument amoureuses de leur preux chevalier. L’amour n’était qu’une illusion blessante et inutile, tout n’était pas rose dans la vie. Mais cette fois-ci s’était différent, guidé par son subconscient et impulsive, elle n’avait pas pu s’empêcher de sortir de ses gonds. La raison lui sauta alors aux yeux, ce qui la fit encore plus enrager. Inconsciemment, elle ne cessait de faire le rapprochement entre le personnage d’Hélène et elle-même. Sa romance lui rappelait, sa propre histoire avec Norman, tout comme Hélène, elle n’avait cessé d’espérer, de s’y accrocher pour finir par se rendre compte que le cœur de son bien aimé battait pour une autre. Cependant à la différence d’Hélène, elle avait baissé les bras et avait tenté de l’oublier pour ne plus souffrir, elle y était pratiquement parvenue, mais voilà qu’un stupide roman trouvé dans le sac de voyage d’une de ses proies, ravivait la flamme du passé. Siam grogna, elle détestait être une victime, être dépendante, humaine. Mais elle ne désirait tout de même pas que cette sensation d’aimer ne disparaisse, cela faisait bien trop longtemps qu’elle se fondait dans le rôle de la reine de glace, il était tant d’en changer.

La jeune vampire ressentit le besoin de s’aérer, elle était de mauvaise humeur, il fallait qu’elle sorte, qu’elle respire, qu’elle se défoule, tout ici lui rappelait son ancien amant à ce moment précis. Les murs du manoir étaient eux-mêmes imprégnés de son odeur, elle avait l’impression d’étouffer. Furibonde, elle quitta sa chambre, claquant sa porte, consciente qu’elle éveillait les foules avec son tintamarre, elle préféra sortir plus discrètement en empruntant une autre issue que celle du hall principal. Son itinéraire passait devant diverses salles, mais une seule attira son attention, comme envoûtée. Un feu crépitait à l’intérieur d’un des salon les plus reculé de la demeure. Une gigantesque ombre se reflétait contre les murs tapissés et les tableaux. Une carrure qu’elle ne pouvait oublier, Lui. Autrefois, elle aurait passé son chemin, n’aurait en aucun cas poser ses yeux sur lui, mais ce soir était différent, ce livre avait fait remonté à la surface des souvenirs qu’elle avait enfoui au plus profond de son être. Son sang ne fit qu’un tour, et si son cœur en n’avait encore la possibilité, elle savait qu’en cet instant, il ne cesserait de battre la chamade. Pourquoi ce soir et pas un autre, elle ne saurait le dire, cela devait arriver ainsi, et point. Hypnotisée, elle fit une halte sur le seuil de l’entrée, tapis dans l’ombre, elle l’observait, la rage et la frustration avaient disparu, laissant sa place à de meilleurs sentiments, qu’elle ne se croyait pas encore capable d’éprouver.

Curieuse, elle observa avec plus d’assiduité la gestuelle du vampire, comme s’il se tramait quelque chose d’essentielle. Une autre fois, elle aurait passé son chemin, mais pas ici, pas cette fois, pas en cette nuit. Elle osa même faire un pas en avant, pour pouvoir discerner ce qu’il tenait dans les mains. Un cliché, une photographie. il se dépêcha de la jeter dans le feu parmi d’autres déjà noircis par les flammes, après l’avoir observé un long moment religieusement. Le regard de Siam dériva sur la boîte qui était à ses pieds. Une boîte, qu’elle avait déjà croisé il y a quelques années. Cette boîte, elle ne pouvait l’oublier, elle était gravée, incrustée dans son cœur, responsable de sa défaite, responsable de leur devenir. Siam se remémora cette fameuse soirée où elle avait découvert cette mystérieuse boîte renfermant le plus gros secret de Norman. Ce jour-là, elle aurait aimé crier, hurler, dépecer, éventrer cette blonde qui souriait comme une bienheureuse sur les clichés. Assaillit par tant de souvenirs douloureux, Siam serra les poings, ses ongles à moitié rentrés dans ses paumes. C’était de justesse que cette nuit-là, elle s’était retenue de faire ce qu’il était entrain de faire. Mais sa fierté l’avait emporté sur la fureur de perdre pour la deuxième fois l’homme qu’elle aimait. Siam n’avait aimé que deux fois. Le premier, Garrett, qu’elle avait connu alors qu’elle était encore humaine, jamais lui ne l’avait aimé sincèrement, il se servait d’elle. Et puis, le deuxième était le jeune homme qui se tenait devant la cheminée, la même histoire se répétait, l’amour n’était qu’à sens unique. Mais ce soir, le vent semblait avoir tourné, son Hermia aurait-elle blessé le jeune Démétrius en finissant dans les bras du valeureux Lysandre. Malheureusement Siam ne connaissait pas la fin du livre, elle espérait pouvoir l’écrire selon son envie.

Siam tiqua lorsqu’il l’interpella, qu’il était bon d’entendre sa voix même si c’était pour prononcer des paroles aussi acerbes. Elle chercha à croiser son regard, mais ce moment ne vint pas, il l’ignorait tout bonnement, la méprisait, tout comme elle s’évertuait à le faire depuis toutes ces années . Mais ce soir, elle ne l’éviterait pas. Cependant elle était bien trop fière pour se jeter à ses pieds, où ne serait-ce que le serrer dans ses bras et le réconforter. Elle se contenta alors de desserrer un peu ses poings et de paraître aussi froide qu’elle le pouvait. Dieu qu’ils se ressemblaient, la même attitude, les mêmes envies et pourtant elle avait tout fait voler en éclat pour son intégrité, son amour propre. Il était difficile de croire qu’ils en étaient arrivé à un tel point, presque un début de haine.

- "Je vois qu’au moins nous partageons encore le même avis sur certains points. Tu as bien raison je n’aime pas me contenter des restes des autres, surtout lorsqu’il s’agit d’une vieille carcasse vide de tout sentiment", railla-t-elle.

Elle ne pouvait s’empêcher d’être cassante, et même s’il semblait en bonne santé à l’extérieur, elle savait pertinemment que cela n’était pas le cas. Ils réagissaient tout les deux de la même manière aux aléas de la vie, leur amour-propre les forçait à se cacher derrière un masque fait de bon sentiments. C’était d’ailleurs ce qu’elle l’avait fait quelques années plutôt en mettant un terme à leur relation et en l’abandonnant. En silence, elle pansait ses blessures, mais ça il ne l’avait jamais compris.
Hésitante et Frustrée, elle ne savait que faire, rester, partir, se rapprocher, s’éloigner, l’abandonner à sa tristesse. Peut-être qu’un autre soir, elle serait partie, mais pas celui-ci, pas après avoir échangé ses premiers mots après toutes ces années d’abstinence. Elle se risqua même à avancer un peu plus et s’assit sur l’accoudoir de la chauffeuse la plus proche de l’entrée, gardant tout de même un minimum de distance. Après cette soirée, plus rien ne serait comme avant.
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MessageSujet: Re: Rp Siam - Norman Mer 2 Aoû - 10:09

La présence ne s'éclipsa pas, elle resta, agaçante, troublante. Norman ne désirait qu'une seule chose, qu'elle continue de l'ignorer comme elle l'avait si bien fait durant tout ce temps. Au début, ça lui avait un peu manqué mais au final, il s'en était passé. Ca n'était même pas une question de sevrage, il n'avait jamais été accro, juste une habitude agréable dont il avait fallu se débarrasser. Et aujourd'hui, elle réapparaissait comme si de rien n'était. Norman avait beau être de dos, il la sentait comme s'il l'avait devant les yeux. Tous ses sens étaient en alerte, guettant le moindre geste de sa part pour éviter d'être pris au dépourvu. C'était toujours comme ça qu'il agissait, particulièrement lorsqu'il était en position de faiblesse. Et il ne l'avait jamais autant été que ce soir, blessé, meurtri, souffrant au coin du feu à cause d'une douleur qui lui enserrait le coeur.

Norman avait été certain que de toute manière, elle lui répondrait. Elle n'était pas le genre de femme à se laisser marcher sur les pieds, pas comme toutes ces faibles gourgandines qui minaudaient sans répartie ni fierté aucune. En fait, Norman et elle se ressemblaient tant que c'était sans doute la raison pour laquelle il avait été au départ plus attirée par elle que par n'importe laquelle des membres du clan. Il émanait d'elle une sorte d'aura étrange et mystérieuse, et toute son attitude respirait l'insouciance et l'effronterie, deux traits de caractères que Norman incarnait lui aussi à la perfection. Elle avait cette étincelle au fond de ses yeux sombres qui avait donné envie à Norman de jouer le jeu. Par la suite, il avait appris qu'il ne s'était pas trompé et qu'il avait même tiré un assez joli petit lot, gagnant une maîtresse plutôt douée et une camarade au caractère bien trempé.

Et voilà que le son de sa voix résonna, délivrant des paroles dénuées de tendresse, comme il en avait toujours été entre eux. Siam. Elle maîtrisait les piques d’humour noir à la quasi perfection et savait déceler les endroits où il fallait appuyer pour que ça fasse mal. En l’occurrence, à l’instant, Norman n’éprouva rien de particulier. Il fut juste surpris de déceler les éclats mystérieux de sa voix qu’il avait presque oublié à force de ne plus les entendre. Il se souvenait qu’il adorait son rire, même lorsqu’il était ironique et sardonique et pria pour cependant ne plus jamais l’entendre. Il n’avait pas besoin de ça en ce moment.

Il détecta ensuite un mouvement. Il semblait que Siam s’était légèrement approchée. Norman ne comprenait pas, qu’est-ce qu’elle lui voulait ? Et pourquoi débarquait-elle au moment précis où il n’était pas en état de se mesurer à elle et à ses joutes verbales ? Elle ne l’avait pas fait exprès, après tout comment aurait-elle pu ? Mais franchement, Norman ne pouvait s’empêcher de remarquer avec ironie qu’elle tombait toujours au moment le moins propice. Cela ne l’empêcha pas non plus de lui répondre, après avoir laissé quelques minutes de silence s’installer entre eux.

- Il n’a jamais été question de sentiments entre nous.

Sa voix était tombée comme une lame tranchante, incisive. Car après tout, c’était bel et bien la vérité. De quoi venait-elle lui parler ? Ni l’un ni l’autre n’avaient à l’époque l’envie de s’engager dans une relation exclusive et il n’y avait jamais eu méprise là-dessus. Ils s’amusaient, tout simplement et maintenant elle lui reprochait d’avoir un cœur hermétiquement fermé. Pour le coup, Norman avait un peu de mal à comprendre où elle voulait en venir, mais n’ajouta rien, se contentant de fixer le feu de ses yeux à peine rougis par la faim. Les clichés brûlés avaient laissé quelques traces, des cendres volages qui s’éparpillaient un peu autour de la cheminée, sans pour autant qu’on puisse reconnaître un visage. Tout était désintégré, parti en fumée au sens propre comme au figuré. Tout ça, c’était désormais le passé. Et dans le passé de Norman, il y avait aussi Siam. Alors que faisait-elle dans ce présent, derrière lui, approchant comme si elle souhaitait une réconciliation. Ou peut-être s’ennuyait-elle et elle ne désirait que le torturer, il n’en savait rien. Pourtant, dans la logique de la vampire, tout ça ne collait pas. Elle n’avait pas à être là.

Norman refusait de se retourner et de se confronter à elle. Pourtant, sa curiosité extrême lui donnait envie de la regarder, voir à quoi elle ressemblait à cet instant précis. Il était dans le flou quand à son comportement et en plus, il essayait de deviner les expressions de son visage, la posture de son corps qu’il avait vu si souvent dénudé et qu’il connaissait sans doute mieux que quiconque. Mais il se l’interdisait. Elle ne méritait pas qu’il pose ses yeux sur elle, et il craignait un peu de voir l’air qu’elle se donnait à cet instant précis. Et surtout, surtout, il ne voulait pas qu’elle puisse lire dans ses yeux, dans ces fenêtres qui donnaient directement sur son âme tourmentée à cet instant précis. Ca aurait été lui faire un merveilleux cadeau qu’elle ne méritait pas. Elle n’en aurait été que trop ravie.

Ca faisait un moment que Norman ne bougeait plus, pareil à une statue de marbre mystérieusement belle et à la peau pâle, contre laquelle le feu venait créer une espèce de jeu d’ombres étrange. Jamais il n’avait eu le teint aussi hâlé en apparence car déjà, humain, avec sa peau d’irlandais, il n’avait jamais eu la chance de prendre le soleil avec bonheur. Même au Mexique. Il préférait l’ombre plutôt que de se retrouver avec un visage rouge cramoisi. Le soleil n’avait jamais été son ami et encore aujourd’hui, il ne supportait pas.

Il esquissa enfin un mouvement, se tourna légèrement vers le lieu où Siam se tenait, sans pour autant lui faire face. Elle voyait sans doute une moitié de son visage tandis que lui fixait un tapis au sol. Il prit une respiration, comme s’il hésitait à se lancer, puis balança ce qu’il se demandait vraiment.

- Bon Siam, arrête tes conneries maintenant. On se connait trop bien pour jouer les innocents. Alors tu vas me dire ce qui t’amènes ici alors que depuis des années, tu m’esquives avec une habilité déconcertante. Je ne me souviens même pas t’avoir croisée cette année d’ailleurs. Alors c’est quoi ce plan ? Tu fais ton apparition et après ?

C’était là tout ce qu’il voulait savoir. Ce qu’elle avait en tête. Car, tout comme avec lui, lorsqu’un interlocuteur de Siam ignorait ce qu’elle avait comme idée, elle s’avérait être dangereuse. Et Norman n’avait pas envie de se brûler les doigts une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: Rp Siam - Norman Mer 2 Aoû - 10:10

Tant de décennies passés ensemble, des années pour se séparer et se mépriser, et maintenant il leur faudrait l’éternité pour se retrouver et se pardonner. Et encore, arriveraient-ils à revenir en arrière, à oublier leur séparation par sa faute ? Elle avait eu le choix, le choix de poursuivre ce jeu auquel elle appréciait tant de s’y prêter auparavant. Mais voilà elle avait préféré choisir sa fierté. Ce petit jeu ne l’amusait plus, elle n’y trouvait plus son compte, son avantage, elle n’était plus qu’un objet pour lui, et ça elle s’y refusait. Depuis qu’elle avait eu des sentiments pour lui, aussi incroyable que cela puisse paraître venant de cette reine au cœur glacé, sa vision des choses avait radicalement changé.

Pourtant elle avait essayé d’ignorer ses sentiments, les effacer, les enterrer, mais rien n’y avait fait. Elle avait poursuivi leur relation basée exclusivement sur le physique, se contentant de ce qu’il lui donnait, de cette petite part de lui qu’elle possédait reniant ce qu’elle éprouvait. Il était hors de question qu’elle se laisse submerger par des flots d’émotion, il était impossible qu’elle ressente quelque chose, qu’elle s’attache, ce n’était pas elle. Plusieurs fois, postée devant son miroir, le regard fixe sur son pâle reflet, sa chevelure tombant en une cascade de boucles brunes parfaites sur ses frêles épaules, elle avait tenté de pleurer, de gémir, d’être triste. Essayant ainsi de se fondre dans le moule de la parfaite greluche amoureuse, tentant d’éprouver ce que toute les jeunes filles éprouvaient et qu’il ne lui avait jamais était donné. Bien évidemment aucun sanglot ne vint, seulement le goût amer de la vengeance et la haine de faire mal, de le faire souffrir à petit feu tout comme elle souffrait par sa faute, un état d’âme qui lui était si caractéristique, ce plaisir qui la ferait vibrer en le voyant mourir à petit feu, lorsqu’elle le priverait de tout ce qui l’aime et pour commencer la blonde des clichés. Siam restait malgré tout la même, amoureuse ou pas.

Cependant lorsqu’elle le vit ce soir-là, faible et désemparé, elle n’eut aucune envie de rire, ce qui la surpris, ce soir tous ses sentiments se contredisaient, elle agissait, pensait différemment. Siam était partagée entre la joie de constater qu’il avait effectivement fait le mauvais choix en s’entichant d’une autre qui lui avait apparemment brisé le cœur si l’on en croyait les restes de cendres noircies qui subsistaient dans la cheminée et étrangement elle éprouvait une certaine pitié, lui qu’elle avait connu si fort, si indestructible, si semblable n’était plus qu’un misérable torturé par ses sentiments, d’après ce qu’elle pouvait juger. De plus elle ne le connaissait que trop bien pour détecter ce genre d’attitude. Elle croyait se voir elle-même quelques années auparavant, lorsqu’elle avait voulu faire une croix définitive sur lui, l’effacer radicalement de sa vie.

Ce soir, la dernière étincelle qui habitait son cœur de pierre s’était ravivée, et bien qu’elle s’évertuait à la faire taire, elle prit le dessus de ses pensées, lorsqu’elle évoqua le domaine des sentiments ce qu’il ne manqua pas de relever avec l’acerbité qu’elle lui connaissait si bien. Elle battit une fois des paupières et inspira un bon coup, afin de reprendre entière possession de sa personne et se donner plus de consistance.

- M’en suis-je déjà plaint ? commença-t-elle afin de noyer le poisson. Et puis apparemment j’ai eu raison de m’en contenter, regardes-toi, regarde ce qu’une peine de cœur, de malheureux sentiments ont fait de toi, une loque humaine, se serait presque touchant ! A moins que tu oses me dire que je me trompe ? Mais certains signes ne mentent pas, je te connais que trop bien Norman et j'avoue que je ne te croyais pas capable d’aimer, poursuivit-elle perfide, jouant avec une corde sensible.

Siam était tiraillée entre des envies contradictoires. Sa raison lui dictait de rester froide, cassante et méprisante comme elle l’avait toujours été, jouer les guimauves et consoler les gens, les soutenir n’étais pas dans ses cordes. Surtout qu’elle connaissait Norman, il n’était pas du genre, à se laisser faire, et à être s’était ce qu’il y avait le plus d’étonnant, de voir un aussi rustre personnage éprouvé de véritable sentiments et pourtant elle était certaine que c’était cet aspect gros nounours qui l’avait séduite, tout comme l’avait fait Garrett auparavant lorsqu’elle n’était encore qu’une gamine. Ils se ressemblaient beaucoup plus que ce qu’elle avait pu imaginer, des hommes forts capables de tendresse, derrière leur masque imperméable, tout comme elle. Il faut croire que c’était son type de mec. D’autre part, une envie irrésistible de faire un bon dans le passé la torturait. Revenir à cette époque où tout était simple, où elle ne se prenait pas la tête, où elle possédait une partie de lui, c’était toujours plus que ce qu’elle avait aujourd’hui. Elle ne recevait plus que du mépris et elle l’avait mérité. Cependant elle savait que l’avoir était une cause perdue, surtout après cette soirée, elle était allée trop loin. Discret sur sa vie privée, il n’avait certainement pas apprécié qu’elle découvre en un regard ce qu’il se tramait dans ce salon et qu’il s’efforçait à cacher aux yeux de tous, personne ne devait savoir que Norman l’infréquentable avait lui aussi touché par les flèches de cupidon. Heureusement qu’il y avait eu cette boîte, le seul indice, l’unique, l’indispensable et pourtant il avait suffit à ce qu’elle comprenne tout. Heureusement que cette boîte lui était apparue des années auparavant, sinon elle n’aurait rien découvert, il constituait son unique avantage.

Siam le fixait du regard, cherchant le sien, elle voulait lire en lui, connaître ses pensées, ses sentiments, cependant il fixait obstinément les flammes qui dansaient dans le foyer de la cheminée reflétant d’immenses ombres contre les murs ornés de peintures et autres bibelots inutiles. Elle resta immobile, assise sur l’accoudoir de la chauffeuse, les jambes croisées, les mains jointes sur ses genoux. De longues minutes s’écoulèrent ainsi, sans qu’elle ne dévie son regard. Lui-même resta fixe, impénétrable telle une statue. Elle observait, constatant à quel point il était beau en cet instant les flammes se reflétant sur sa peau pâle. Soudain un mouvement inattendu, elle n’espérait plus qu’il daigne enfin lui jeter un coup d’œil. Cependant, il se contenta de fixer le sol, don flot de paroles, excédé, cherchant une simple réponse, un moyen de comprendre. Elle sourit et passa une main dans ses cheveux, afin de remettre en place une mèche mal placée. Il l'amusait, elle s'amusait, se jouer de lui, elle ne pouvait rester sérieuse dans ce genre de situation.

- Les innocents ? Qui a prétendu que je jouais ? rit-elle. N’as-tu pas pensé que ma venue pourrait être fortuite ? J’ai vu de la lumière et je suis rentrée voilà tout, poursuivit-elle avec des connotations espiègles dans la voix et semant le trouble dans son esprit. Disait-elle la vérité, où était-ce un nouveau moyen pour se défiler ? Et puis crois-tu vraiment que ma vie est réglée selon des plans telle une horloge ? poursuivit-elle.

Elle réfléchit quelques instants, levant les yeux au ciel, gardant son agaçante gaieté. Avant de s’éclaffer de son rire cristallin.

- En faite oui tu as raison, je ne fais jamais rien sans arrières pensées et j’ai bien l’impression que ça me réussit mieux qu’à toi ? avoua-t-elle faussement navrée, en haussant les épaules. Oh et puis qu’est-ce que je continue à faire ici, poursuivit-elle en murmurant plus pour elle-même tout en se relevant.

Elle avait réussi à tourner autour du pot, ne pas répondre et dévoiler ces intentions, sa fierté restait intacte, Siam restait la même, froide, cassante, un roc contre lequel les vagues déferlantes viennent se briser. Mais la roche s’érode laissant passer l’eau dans les canaux qu’elle a creusés. Pour l’instant elle était intacte, fière, sans blessure apparente, maintenant l’avantage qu’elle avait sur lui. Elle était la même femme cynique qui avait su lui dire non pour la première fois il y a de cela quelques années et qui s’était débarrassé de lui sans ménagement.

Elle se dirigea d’un pas ferme vers la porte, maintenant qu’elle avait déversée son venin, elle n’avait plus aucune raison de rester, ce n’était pas son rôle de ramasser les miettes qui restaient. Cependant, elle n’arriva pas aussi facilement qu’elle espérait à s’en aller sans jeter un dernier regard sur le passé. Une force invisible la stoppa net alors qu’elle s’apprêtait à franchir le seuil qui séparé ce petit salon au reste de la maison. Elle jeta un dernier regard en sa direction et les mots sortirent sans qu’elle ne puisse les contenir.

- Il arrive parfois dans un moment de nostalgie, que tu me manques Norman, avoua-t-elle, les yeux fixant le sol.

L’eau s’était infiltrée, la flamme qui lui brûlait les entrailles était ravivée et avait repris le dessus dans un moment de faiblesse. Sa voix avait été plus douce, plus calme, ce qui contrastait avec la gaieté et le cynisme qui composaient le reste de ses paroles. Elle espérait inutilement qu’il la retiendrait mais elle savait que tout ce qu’elle recevrait serait quelques remarques blessantes et aucune compassion. Elle l’avait bien méritée. Elle-même était d’ailleurs surprise de ces propres paroles qui ne lui ressemblaient pas.
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MessageSujet: Re: Rp Siam - Norman Mer 2 Aoû - 10:10

Il l’avait écoutée, ne s’était pas attendue à ce qu’elle réponde avec une telle ferveur ç sa phrase ironique qui avait fusé avec une telle vitesse qu’il ne l’avait lui-même pas contrôlée. Il pensait qu’elle l’ignorerait, ou lui lancerait une petite réponse concise. Mais elle se lançait dans des explications étranges sur ses sentiments à lui, mettant sa peine sur le dos d’une histoire de cœur stupide. Dans un sens, elle n’avait pas tort. Il était amoureux, trop peut-être, et en souffrait. Mais elle ne comprenait pas. Ne comprenait rien à ce qu’il ressentait pour la bonne et simple raison que ses caprices infernaux la rendaient intouchable, insensible même. Le fait qu’elle avoue qu’elle le pensait incapable d’aimer était révélateur ; il pensait effectivement la même chose d’elle. Pour lui, il était inconcevable que cette femme maîtresse se laisse un jour tomber dans les griffes insoutenables de l’amour.

Il ne la contredit pas, ne répondit rien en vérité. Qu’est-ce qu’il aurait bien pu lui dire ? Rien qui n’aurait fait renforcer un peu plus son impertinence. Décidément, Norman n’était pas du tout dans l’humeur d’un face-à-face avec elle. Ses blessures étaient trop fraîches, son égo trop bafoué pour qu’il en vienne à en rire, à cacher sa souffrance. Et Siam était bien sûr trop perspicace. Il préféra la snober, ne rien lui répondre, faire comme s’il passait outre ces idioties.

Norman resta ensuite immobile, dans l’attente troublante d’une réponse qui lui indiquerait peut-être comment réagir. Pourtant, il n’avait pas tellement envie de savoir ce que Siam faisait là, tout simplement parce qu’il craignait d’apprendre les raisons qui l’avaient poussées à revenir vers lui. Après tout, il la savait capable de choses si mesquines… Alors quoi qu’elle ait en tête, c’était forcément quelque chose de mauvais. Peut-être que, durant tout ce temps passé à l’éviter, elle avait simplement attendu le bon moment pour venir frapper, le moment où il baisserait sa garde. Il lui avait suffi d’un peu de patience et … voilà. C’était la raison la plus plausible pour Norman.

Malheureusement, c’était sans compter sur l’esprit déluré de Siam. Elle disait ne pas jouer, mais s’amusait comme une petite folle en vérité. Norman la connaissait trop bien pour savoir quand elle bluffait ou non et là, c’était bel et bien le cas. Elle faisait la maligne alors qu’il savait pertinemment que jusqu’à présent, elle avait porté un soin tout particulier à ne pas se trouver dans la même pièce que lui. Et alors, comme ça, elle était rentrée parce qu’elle avait vu de la lumière ?

Tu me prends vraiment pour un con ou quoi, Siam ?

Il avait beau ne pas la voir, car il restait figé dans son attitude de statue, il devinait ses attitudes. Son rire laissait transparaître une joie sadique et presque fausse. Il la voyait comme si elle était en face de lui. Décontractée, jouant peut-être avec une mèche, théâtralisant ses paroles alors qu’elle savait bel et bien qu’il ne la regardait pas. C’était Siam tout craché. Le temps n’avait pas entaché les souvenirs qu’il avait d’elle, cette belle garce insolente.

Norman avait envie de lui répondre. Lui dire d’aller se faire voir, qu’elle avait beau faire la finaude, elle n’en avait pas moins répondu à sa question. Il avait envie de laisser toute sa colère froide se déverser sur elle jusqu’à ce qu’elle entre en fusion, quitte à la brûler vif, il s’en moquait. Après tout, ne l’avait-elle pas cherché ? Il était sur le point de se venger sur elle quand il l’entendit partir et il profita pour ne pas bouger. Elle partait, c’était peut-être mieux ainsi après tout. Elle évitait sa rage dévastatrice. Il se calmerait tout seul, dans son coin, pestant contre lui-même et cette bêtise d’amour qui décidément lui faisait toujours tout voir.

Mais elle s’arrêta.

Ce fut l’erreur à ne pas commettre. Norman n’était pas tout à fait résolu à se calmer quand il sentit son hésitation. Il la sentit se retourner vers lui, et son sang ne fit qu’un tour lorsqu’elle prononça ces mots maudits, étranges, qui ne lui ressemblaient pas. Comment osait-elle ? Comment pouvait-elle prononcer pareilles abominations alors qu’elle se targuait d’être indépendante et sans attaches ? Etait-ce là la raison de sa venue dans la pièce ? Norman en était maintenant convaincu. S’il lui manquait, c’était qu’elle avait ressenti quelque chose. Lui-même, ça lui avait un peu manqué mais sans plus, c’était plus la force de l’habitude qu’autre chose. Mais elle ? Si ça avait été la même chose, elle ne l’aurait pas dite.

Il aurait pu faire preuve de tact avec elle, avec ce qu’il venait de découvrir. Pourtant, ca ne fit que décupler sa colère. Il était à fleur de peau et la part de faiblesse que Siam venait de montrer était une brèche dans laquelle il souhaitait s’engouffrer. En moins de deux secondes, il fut sur elle, la planquant contre un mur de la salle avec une telle force qu’il créa un renfoncement dans celui-ci. Ses yeux rougis laissaient transparaître son envie de passer ses nerfs sur elle.

- Qu’est-ce que tu me chantes là, hein Siam ? Ca t’amuse de me voir souffrir, ça te fait plus jouir que quand on couchait ensemble ? Alors voilà, t’es contente, le spectacle t’a plu ? Tu veux pas me voir chialer non plus ?

Sa main droite était posée contre la gorge de la jeune femme, la serrant avec une telle force qu’un humain n’aurait pas pu le supporter.

- C’est toi qui en a eu marre de moi si tu te souviens bien. Du jour au lendemain, plus de sexe, tu t’étais lassée je te rappelle. Pendant des années, silence radio et là, aujourd’hui, tu ressurgis ? Parce que je te manque ? Mais elle est où la cohérence là dedans hein ? Ca t’éclate de dire et faire n’importe quoi, ça t’amuse de jouer avec moi ? Si t’as envie d’une marionnette, va te chercher un humain et tyrannise le avant de le bouffer ! Mais ne viens plus te frotter à moi ou je te jure que, ex amante ou pas, je n’aurais aucun scrupule à te décapiter avant de mettre ta belle gueule de garce dans la cheminée !

L’instant d’après, il était déjà dans le couloir, filant à sa chambre sans détour. Sa voix cruelle et froide avait dû mettre à mal Siam, mais il s’en fichait. Il s’alluma une cigarette alors qu’il était allongé sur son lit et s’injecta sa dose de nicotine en s’efforçant de retrouver un soupçon de calme.
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MessageSujet: Re: Rp Siam - Norman Mer 2 Aoû - 10:11

Il était aisé de penser que Siam Aemillia Giovanni était le diable en personne. Certes, elle n’était pas tel qu’on se l’imaginait, petit bonhomme maigrichon et rouge, aux dents pointus, possédant des cornes, une queue et jouant de sa fourche. Non, Siam n’en avait pas le physique, mais l’essence, ce qui était suffisant et qui ne la rendait que plus dangereuse. Son machiavélisme n’avait d’égal que sa beauté. Son impulsivité la rendait incontrôlable, elle ne répondait qu’à ses émotions présentes et ces agissements quoique stratégiques n’avaient ni queue ni tête. Troubler son adversaire, le faire hésiter lui permettait de garder l’avantage, l’effet de surprise et mieux cacher son jeu. Car oui bien qu’elle semblait complètement folle et ses actions dépourvues de sens, le tout faisait parti d’un plan, d’un jeu, car Siam ne cessait de jouer, elle avait l’éternité devant elle, et comptait bien l’occuper. Siam Aemillia Giovanni était une femme complexe, dangereuse et mystérieuse.

Beaucoup aime à débattre sur la possession d’une âme par un vampire, certains y croient et d’autres préfèrent réfuter cette thèse. Comment des êtres aussi mauvais, sadiques peuvent-ils posséder une âme ? D’autres encore les allient à Satan, ils sont ces messagers, ceux du chaos, ils sont là pour faire régner le mal et plonger la terre et l’humanité dans les ténèbres. Beaucoup d’arguments étaient discutés faisant pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. Les paroles que venait de prononcer Siam portaient à croire qu’effectivement les vampires possédaient bien une âme. Comment un cœur aussi noir et hermétique pouvait éprouver de tels sentiments autrement ? De l’attachement, de la culpabilité. Siam contre toute attente s’était attachée, avait tissé des liens.

Ce maudissant d’avoir dévoilé ainsi ses faiblesses au grand jour, alors qu’elle s’évertuait à les cacher depuis des années, elle ne le vit pas fondre sur elle. Tout ce passa très vite, brutalisée, elle fut soulevée et plaquée contre un des murs du vaste salon. La secousse aurait probablement tué un homme. Les sentait tout contre son dos les débris de bois lui piquaient la peau, à coup sur elle était blessée, mais ne s’en formalisa pas. La main pourtant si froide de Norman lui brûlait la gorge et ses yeux rouges l’apeuraient. Elle porta ses propres mains sur le bras de Norman qui lui enserrait la gorge, comme pour l’empêcher de serrer, de lui briser la nuque et la priver d’immortalité.

Elle faisait tout pour garder son calme, dissimuler ses sentiments, ne pas lui montrait sa peur. Mais elle savait qu’elle avait perdu son avantage, il la tenait et lui faisait mal. La peur se lisait dans ses yeux verts. C’était la deuxième fois de la semaine, qu’elle se faisait prendre à la gorge, et pourquoi ? Par simple provocation. A force de jouer avec le feu elle risquait de se brûler, et ici, elle ne pouvait se défiler par une quelconque dérobade théâtrale. Elle était si méprisable, si arrogante, si détestable qu’elle ne s’était pas fait beaucoup d’ami, l’un d’eux finirait pas la tuer et qui pourrait l’en calomnier ? Qui pourra se vanter de s’être débarrassé de cette peste, cette furie ? Même lui Norman avait qui elle avait partagé des moments intimes, à qui elle s’était donnée, abandonnée, ne brûlait que d’une envie, la détruire. Norman parla. Ses propos tombèrent tel un couperet, il s’était emparé de sa faiblesse. Mais elle ne pouvait rester de marbre, ce n’était pas dans ces habitudes que de ne pas riposter.

- J’ai du trouver un nouveau moyen de me satisfaire seule, apparemment tu n’étais plus assez compétent, ni un assez bon amant, cracha-t-elle une lueur de folie persistant dans son regard.

Elle le fixait de ses prunelles, et refusait de plier devant lui. Et pourtant au lieu de le titiller une nouvelle fois, elle n’avait eu qu’une envie : lui sauter dessus. Le faire taire, lui et sa langue acerbe, lui faire oublier sa mélancolie, lui montrer à quel point elle était utile. Tout avait toujours été très physique un peu et la tension qui émanait dans la pièce n’aidait pas la vampire à se contenir. Contrairement à la nouvelle relation passionnelle qu’elle espérait, l’étau qui enserrait sa gorge se resserra, la brûlant un peu plus. Il était beaucoup plus dangereux qu’Emery qui s’était trouvé dans la même position que Norman quelques jours auparavant. La différence entre les deux hommes c’est que Norman en était capable, il était capable de la tuer, elle le lisait dans ses yeux. C’était bien pour cela qu’elle l’avait choisi, que son cœur l’avait choisi, il était capable de cruauté, il lui ressemblait.

Il la menaça derechef, n’y comprenant rien à ses faits et ses gestes, il faut dire qu’elle même ne se comprenait pas parfois. Cette fois-ci elle ne pipa mot, il ne fallait tout de même pas trop le brusquer, il pourrait faire une connerie. Il la laissa alors choir et l’abandonna dans le salon. Elle resta un moment là, à genoux une main massant sa gorge endolorie, tremblant légèrement, ses prunelles ne quittant pas le sol.

- Ne comprendras-tu donc jamais ? murmura-t-elle les lèvres tremblantes et la gorge nouée.

Un étau lui enserrait le cœur, mais il était déjà bien loin pour qu’il puisse l’entendre. Rassemblant la fierté qu’il lui restait, elle se redressa. Elle passa une main sur son visage afin d’enlever toute trace de faiblesse avant de regagner sa chambre. Il était tant pour elle de retourner à sa lecture et découvrir ce qu’il adviendrait de ce quatuor amoureux et de connaître en particulier le sort de la belle Hélène.
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